Une étude place la capacité d’adaptation en tête des compétences recherchées cette année par les employeurs. Elle serait une arme réelle pour enrayer les pénuries de main d’œuvre et faire en sorte que les travailleurs soient à même d’évoluer vers d’autres fonctions.
Si la capacité d’adaptation figure au top des compétences phare pointées par l’enquête menée par Acerta Consult auprès de 500 entreprises belges, elle est aussi au centre d’un paradoxe. Le fait que, dans la pratique, peu nombreux sont les employeurs qui prennent en interne des initiatives pour mesurer ou améliorer cette aptitude parmi leurs employé.e.s.
L’étude établit que 9 entreprises sur 10 indiquent que la capacité d’adaptation des travailleurs aux nouvelles situations et aux nouveaux outils n’a cessé de gagner en importance dans leur organisation au cours des dernières années. Elles jugent cette compétence importante pas tant en en lien avec l’essor de l’IA (seules 6 % des personnes interrogées la citent) mais plus en raison des pénuries de main-d’œuvre et de l’inadéquation du marché de l’emploi aux réels besoins. « La prochaine étape pour les entreprises consistera à mesurer et à améliorer également la flexibilité (soft skill) de leurs équipes et de leurs travailleurs », selon Acerta Consult.
Les entreprises considèrent essentiel que les travailleurs soient en mesure de s’adapter, pour trois raisons principales : l’étroitesse et l’inadéquation du marché de l’emploi, l’évolution rapide des besoins des clients et l’importance de se développer en tant qu’organisation dans un environnement concurrentiel.
Seul 1 employeur sur 10 mesure la capacité d’adaptation
Bien que la majorité des employeurs évaluent déjà positivement la capacité d’adaptation de leurs collaborateurs (60 % d’entre eux leur attribuent une note de 7/10, voire plus), de nombreuses entreprises ne mesurent pas encore cette soft skill en interne. Seul un employeur sur dix teste aujourd’hui la capacité de ses travailleurs à s’adapter aux changements sur leur lieu de travail. Concernant les candidats, les employeurs ont déjà une approche un peu plus approfondie. 66 % affirment évaluer la capacité d’adaptation des candidats lors de leur entretien de sélection, et 27 % d’entre eux prévoient de le faire à l’avenir. Près de quatre employeurs sur dix (38 %) incluent la capacité d’adaptation comme critère dans leurs offres d’emploi, et 44 % souhaitent leur emboîter le pas à l’avenir. Enfin, seuls 33 % testent effectivement la capacité d’adaptation par le biais d’un assessment center, et un autre tiers souhaiterait le faire à l’avenir.
Miriam Garando d’Acerta Consult analyse : « Les équipes à même de s’adapter rapidement présentent un grand avantage, pour autant qu’elles soient bien préparées aux changements et à leur mise en œuvre. Parallèlement, combiner durablement ces changements dans les bons domaines et les asseoir solidement au sein de l’organisation est indispensable. Rien d’étonnant, donc, qu’une attention accrue soit portée à la capacité d’adaptation dans le milieu professionnel. Les organisations doivent avant tout veiller à la manière dont elles s’y prennent. Il est essentiel de bien comprendre toutes les dimensions de la capacité d’adaptation. Celle-ci est en effet un concept multidimensionnel et certains leviers, tels que l’autorégulation, permettent de la renforcer. »
La flexibilité au changement peut être développée
Évaluer la capacité d’adaptation de vos travailleurs est une première étape, mais est-il vraiment possible de la développer et de l’améliorer ? La majorité des employeurs interrogés le pensent en effet : 44 % affirment avoir mis en place diverses formations visant à accroître la capacité d’adaptation des collaborateurs, et 48 % prévoient de le faire. Les employeurs reconnaissent également l’importance d’adopter une communication claire sur les changements et les attentes (67 %), de fournir un soutien correct depuis la direction (58 %) et d’encourager une vision positive du changement (44 %).