Rédaction
Le marché de l’emploi dans la finance se stabilise, sans pour autant devenir plus simple. Si les tensions sur le recrutement s’atténuent, les entreprises recherchent désormais des profils plus polyvalents et immédiatement opérationnels. Pour attirer les meilleurs talents, elles doivent aussi accélérer leurs processus de recrutement et miser sur le développement des compétences, d’après une étude menée par le cabinet Robert Walters.
Le marché de l’emploi dans la finance évolue. Si la pénurie de talents est moins aiguë qu’il y a quelques années, les entreprises restent confrontées à un défi majeur : recruter les bons profils. Dans un contexte de pression économique et d’incertitudes géopolitiques, chaque embauche doit apporter une valeur ajoutée immédiate.
« Les entreprises ont moins de marge pour se tromper. Lorsque les budgets sont sous pression, chaque recrutement doit être rapidement rentable », résume Christophe Paquay, Senior Manager chez Robert Walters.
Les profils financiers restent très recherchés
Le ralentissement du marché ne signifie pas que les besoins diminuent. Les entreprises continuent de recruter pour répondre à plusieurs enjeux :
- le renforcement des réglementations ;
- la digitalisation des fonctions financières ;
- l’essor de la data et de l’intelligence artificielle ;
- le rôle de plus en plus stratégique de la fonction finance.
« La pénurie s’atténue, mais les exigences augmentent »
Les employeurs investissent donc toujours dans de nouveaux collaborateurs, mais avec davantage de prudence. Les recrutements sont plus ciblés et les attentes plus élevées.
Les compétences hybrides font la différence
En 2026, les profils les plus recherchés ne sont plus seulement d’excellents techniciens de la finance. Les entreprises recherchent des professionnels capables d’analyser les données, de conseiller la direction et d’accompagner les décisions stratégiques.
Top 3 des fonctions les plus demandées :
- les contrôleurs de gestion ;
- les spécialistes FP&A (Financial Planning & Analysis) ;
- les profils orientés data finance.
Au-delà des compétences financières, les recruteurs valorisent désormais la maîtrise :
- des outils de Business Intelligence ;
- des ERP comme SAP ;
- de l’analyse de données ;
- des enjeux ESG et de conformité.
Les profils de mi-carrière : les perles rares
Le principal point de tension concerne les professionnels disposant de quelques années d’expérience.
Ces profils combinent :
- expertise technique ;
- autonomie ;
- capacité à accompagner les projets de transformation.
Très recherchés, ils disposent souvent de plusieurs opportunités simultanément.
Pour Robert Walters, les entreprises doivent donc accélérer leurs processus de recrutement. « Plus un processus s’allonge, plus le risque est grand de perdre le candidat au profit d’un autre employeur. »
L’autre enjeu consiste à rester réaliste : attendre le candidat « parfait » peut conduire à passer à côté d’excellents profils.
Salaires : une période de stabilisation
Après plusieurs années de fortes hausses, les rémunérations évoluent désormais plus modérément.
Les augmentations concernent principalement les profils spécialisés de niveau intermédiaire, notamment dans :
- l’audit ;
- la consolidation ;
- certaines expertises financières pointues.
Pour les fonctions de direction, les salaires restent globalement stables, sauf pour les profils rares.
Les avantages évoluent aussi
Le télétravail hybride n’est plus un élément différenciant : il est devenu un standard sur le marché.
Pour attirer les meilleurs candidats, les entreprises misent désormais davantage sur les perspectives d’évolution que sur les avantages traditionnels.
Les candidats sont particulièrement attentifs :
- aux possibilités de formation ;
- au développement des compétences en data et en IA ;
- à la maîtrise des systèmes financiers ;
- aux compétences stratégiques et de communication.
Un recrutement plus stratégique
Le marché de la finance est aujourd’hui plus équilibré, mais pas plus facile.
Les entreprises qui réussissent leurs recrutements sont celles qui :
- définissent clairement les compétences recherchées ;
- proposent un processus de sélection rapide ;
- investissent dans le développement des collaborateurs ;
- offrent de réelles perspectives d’évolution.
Dans un contexte où les candidats qualifiés restent très sollicités, la capacité à recruter vite et à proposer un projet attractif devient un véritable avantage concurrentiel.
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