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En quoi la pandémie offre-t-elle une occasion unique de repenser le travail ?

La perception du télétravail sort assurément grandie de la pandémie de coronavirus. Après un basculement dans l’urgence vers celui-ci, le fait que le travail à domicile soit devenu la norme pour un grand nombre de travailleurs depuis 18 mois a permis à bien des dirigeants, managers et collaborateurs d’en découvrir les avantages et de passer outre les a priori. Cette crise offre l’opportunité de repenser l’organisation du travail en profondeur.

D’après une enquête d’Acerta menée en avril auprès de 526 entreprises occupant toutes au moins 5 travailleurs, près de sept employeurs sur dix (68%) déclarent faire confiance à leurs travailleurs en télétravail. 62% voient désormais le travail à domicile comme contribuant à un meilleur équilibre entre travail et vie personnelle. 40% constatent que les collaborateurs en télétravail prestent en moyenne plus d’heures par semaine. 38% estiment qu’ils sont même plus productifs quand ils travaillent à domicile que lorsqu’ils sont au bureau (là où 40% n’ont pas observé de changements). Autre enseignement : les employeurs placent désormais le télétravail en tête de leurs priorités dans le domaine des RH pour les trois prochaines années : 39% optent pour le thème RH « travailler indépendamment des horaires et du lieu », ce qui en fait la réponse la plus choisie. Plus de la moitié des employeurs (52%) vont encourager le travail à domicile à l’avenir.

Malgré le retour progressif sur le lieu de travail, le travail à domicile continuera donc à jouer un rôle important dans les entreprises. « D’où l’intérêt pour chaque employeur de repenser de façon globale son organisation du travail, note Laura Couchard, conseillère juridique chez Acerta. Le télétravail est un outil et nous avons tous pu constater à très grande échelle qu’il fonctionne. Mais, demain, il ne s’agira ni d’un retour à la situation d’avant avec un peu de télétravail, ni d’une situation de télétravail à 100%, mais bien d’un format mixant présentiel et travail à distance. Plutôt que de se laisser porter par la vague, il serait préférable de mener une réflexion en profondeur pour se positionner en la matière en prenant en compte ses valeurs, sa stratégie, les priorités du business, etc. Si la préoccupation pour l’impact environnemental est une valeur primordiale, un travail à domicile plus important limitant les déplacements se justifie. Si l’offre d’un service de proximité ou les dynamiques participatives sont considérés comme stratégiques, il faut envisager d’avantage le présentiel. C’est en fonction de ces objectifs que le télétravail peut alors s’organiser de façon cohérente. »

Laura Couchard se veut toutefois réaliste. « Dans certaines organisations, le télétravail a été mal vécu. D’autres entreprises ont d’autres chats à fouetter aujourd’hui, surtout si la survie de l’activité est en jeu. Mais dans une très grande majorité des cas, mener ce type de réflexion — qui est loin d’être simple — a une vraie valeur ajoutée dès lors qu’il n’existe pas de solution miracle valable pour toutes les organisations. Il serait même intéressant que la réflexion s’organise au sein des équipes pour déterminer les bonnes façons de travailler dans leur contexte spécifique pour que chacun puisse s’y retrouver. Il s’agit d’un vaste sujet à la fois créatif et grisant. Ce n’est pas tous les jours que se présente l’opportunité de repenser le travail en profondeur. »

L’enquête montre que le « travail à domicile » implique pour 60% des employeurs la fixation d’un certain nombre de jours de travail à la maison par semaine. Plus d’un tiers des employeurs (37%) n’envisage toutefois pas le travail à domicile en ‘jours’. « L’idéal serait d’arriver à une situation où le type d’activité, l’objectif et l’interaction souhaitée déterminent s’il est préférable de travailler à domicile ou au bureau. Pour les activités telles que le brainstorming et la cocréation, les travailleurs peuvent se rendre au bureau et rester à la maison ou travailler dans un espace dédié au bureau pour les activités qui demandent beaucoup de concentration. Ce qui passe par cette réflexion sur les activités qui se déroulent hors ligne, de manière numérique, synchrone ou asynchrone au sein de l’organisation. »

Laura Couchard
Conseillère juridique
Acerta

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