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Comment gérer une rentrée caractérisée par un retour progressif au bureau ?

Cette rentrée de septembre couplée à un retour progressif au bureau ‘post-Covid’ se teinte d’un questionnement difficile : après des mois de travail perturbés par la crise sanitaire, le travail « comme avant » est-il encore en phase avec les attentes des salariés ? Corolaire : comment l’adapter en se posant les bonnes questions ?

Depuis mars 2020, nous avons été nombreux à adapter nos rythmes de travail au gré des circonstances. D’après l’enquête réalisée par l’agence iVOX pour le compte de Protime auprès d’un millier de Belges francophones, près de deux sur trois ont adopté d’autres rythmes durant le(s) confinement(s), généralement en commençant/terminant la journée plus tôt (24%). Il est aussi arrivé à bon nombre de faire de temps en temps des lessives (65%), les courses (49%) ou du sport (43%) durant les heures de travail. Ce qui, d’après l’enquête, n’a pas nui aux prestations des travailleurs. Au contraire même.

Si trois répondants sur quatre disent souhaiter continuer à télétravailler, la majorité à raison de deux jours par semaine, le tableau d’ensemble est à nuancer, observe Sophie Henrion. « Certains ont pris goût à la liberté qu’offre le télétravail tel que nous l’avons vécu. Pour eux, un retour — même partiel — au bureau s’accompagnera de sentiments mitigés. Il faudra les motiver à revenir. D’autres, par contre, veulent retrouver la ‘vie d’avant’, si tant est que ce soit possible. Près de 56% se disent aussi réservés par rapport au maintien d’un télétravail important, en raison du mélange qu’il provoque entre vie personnelle et vie professionnelle. La plupart veulent du télétravail, mais avec de fortes attentes à l’égard de l’entreprise pour proposer des mesures pour aider à gérer le temps de travail. »

On le voit : l’enjeu dépasse largement le simple « retour au bureau ». À cet égard, Sophie Henrion met en exergue quatre points d’attention :

  1. La (re)connexion entre manager et collaborateur : « Travailler à la maison, seul derrière son PC, comporte le risque d’une certaine invisibilisation. Le retour au bureau devrait en partie faciliter les choses, mais cette (re)connexion sera aussi un facteur de réussite du travail hybride. Il est aussi important que les managers puissent accompagner leurs collaborateurs dans la gestion de leur temps de travail, qu’il soit presté au bureau ou à la maison. Le télétravail ne s’improvise pas, mais le retour à la vie normale non plus : beaucoup sont inquiets de retrouver les distractions du bureau et la perte d’efficacité qui peut en découler. Il faut pouvoir les aider à s’organiser à nouveau différemment. »
  2. La préservation de l’informel : « 64% des répondants pointent que les contacts avec leurs collègues leur manquent. Bien qu’on ait essayé d’encourager l’informel durant la crise, et ce de multiples façons, la camaraderie s’est en partie perdue. Or, celle-ci fait partie des raisons qui poussent à revenir au bureau. En la matière, il n’y a pas de recette miracle, mais chaque organisation doit s’interroger sur ce qui constituera son ‘expérience positive’ au bureau pour ses collaborateurs. »
  3. La valorisation dans le travail : « Près de 29% des salariés se sentent moins valorisés dans leur travail qu’avant le début de la crise. Or, se sentir apprécié fait partie des facteurs clés d’engagement. Dès lors, il importe d’exprimer de façon améliorée cette appréciation des efforts fournis. Prendre soin de ses talents peut se faire de diverses façons créatives. Nos 350 collègues ont par exemple reçu une semaine de temps libre supplémentaire. En leur faisant ce cadeau, Protime a tenu à les remercier pour l’implication et la flexibilité dont ils ont fait preuve durant cette ‘année covid’. »
  4. La saine gestion des séparations : « Notre enquête montre que près d’une personne sur trois s’épanouit moins dans son travail depuis la Covid. Avec une économie qui reprend des couleurs et où les postes vacants sont plus nombreux, les entreprises vont enregistrer des démissions. C’est normal : il y a moins de raisons d’être frileux à changer d’employeur et la crise en a amené beaucoup à revoir leurs priorités. Il faut l’accepter : on ne peut retenir quelqu’un contre son gré. Mais on peut faire en sorte que la séparation se passe bien. La personne pourrait d’ici quelques mois ou années vouloir revenir dans votre entreprise — ce qu’on qualifie d’effet boomerang — enrichie d’une autre expérience… »

Sophie Henrion
Business Manager
Protime

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