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Le télétravail s’installe durablement dans les habitudes

Depuis le pic de pandémie du mois d’avril, un nombre important de personnes ont continué le télétravail. Les chiffres d’Attentia montrent que les employés ont encore presté au moins un quart de leurs heures de travail depuis leur domicile en octobre. Avec le nouveau confinement et le télétravail obligatoire depuis le 2 novembre, les statistiques de télétravail devraient repartir à la hausse ce mois-ci. Le chômage temporaire risque également d’augmenter à nouveau, avec les règles qui viennent d’être assouplies.

En octobre dernier, le télétravail représentait 23,5% des heures prestées par les employés et 39,7% par les cadres et la direction. C’est beaucoup moins qu’au plus fort de la crise en avril, mais cela reste nettement plus qu’avant l’apparition du Covid-19. Attentia s’appuie sur un échantillon de 70.000 collaborateurs – 29.000 ouvriers et 41.000 employés – de PME et de grandes entreprises employant au moins 100 personnes, qui enregistrent du télétravail. Toutes les entreprises concernées ont également enregistré des heures de télétravail en avril, le mois record de l’épidémie.

Pour le moment, on ne constate pas encore l’impact des nouvelles mesures gouvernementales faisant suite à la deuxième vague de coronavirus. Le 19 octobre, le télétravail est redevenu la norme, mais cela ne se voit pas directement dans les chiffres du télétravail. Depuis le 2 novembre, ce mode de travail est redevenu obligatoire, ce qui entraînera probablement une nouvelle hausse du travail à domicile.

L’attention portée au bien-être est cruciale

La bonne nouvelle, c’est que les prestations des entreprises se situent à nouveau à peu près au même niveau qu’avant le premier confinement, soit à 70% des heures prestables. En avril, ce chiffre n’était que de 37% pour les ouvriers et de 55 % pour les employés, alors que dans des circonstances normales, il se situerait également autour de 70 %.

« Nous constatons cependant une opportunité pour les entreprises, qui consiste à ne pas perdre de vue le bien-être mental, commente Mirabel Hoys, Directrice HR Consulting chez Attentia. Nous nous concentrons actuellement beaucoup sur le bien-être physique et sur la protection contre le coronavirus (qui sont bien sûr des éléments cruciaux), mais il convient de ne pas sous-estimer l’impact sur le bien-être psychosocial des collaborateurs. Le travail à distance est une source de stress supplémentaire pour nombre d’entre eux, surtout qu’il s’agit d’un deuxième confinement à une période où les journées sont courtes et sombres. De plus, beaucoup de travailleurs doivent aussi s’occuper de leurs enfants à cause de la prolongation des vacances. Si une entreprise fait passer le bien-être de ses collaborateurs en priorité, le bien-être mental en fait certainement partie. »

Un meilleur soutien des dirigeants et des supérieurs hiérarchiques est également nécessaire, car gérer une équipe à distance requiert des compétences spécifiques. Il n’est pas évident, à distance, d’exercer un leadership fort et de détecter à temps les signes de stress. En tant qu’employeur, il est important d’aider les dirigeants et supérieurs hiérarchiques à cet égard.

Chômage temporaire

Pour les travailleurs qui ne peuvent pas faire de télétravail, les chiffres du chômage temporaire sont particulièrement intéressants. Bien que ce pic soit loin derrière nous, nous constatons quand même une très légère hausse depuis l’été: de 4,5% (d’heures prestables) de chômage temporaire en août à 6,18 % en octobre. En revanche, chez les employés et les cadres, nous constatons une nette stabilisation des chiffres du chômage temporaire.

Depuis septembre, les règles relatives au chômage temporaire sont devenues plus strictes, mais cela ne se reflète pas dans les statistiques. Cette situation pourrait s’expliquer par le fait que, même pendant les mois d’été, ce régime a été principalement utilisé par des entreprises qui y sont encore éligibles aujourd’hui. Comme pour le télétravail, Attentia s’attend à une nouvelle hausse du chômage temporaire dans les prochains mois, compte tenu de l’assouplissement des règles depuis vendredi dernier. Mais il n’y aura probablement pas de nouveau pic, comme en avril.

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