Des funambules en équilibre sur une corde raide… au-dessus d’un bassin d’eau de la place Sainte-Catherine à Bruxelles. Ils représentent un cadre, une employée, un ouvrier, un infirmier… déséquilibrés par le stress, le harcèlement, la surcharge de travail, le burnout… Travailler constitue un exercice de plus en plus périlleux qui demande de trouver un équilibre. Les risques sont nombreux et quand l’équilibre est rompu, ou quand le déséquilibre est trop grand, la travailleuse ou le travailleur tombe dans la maladie, souvent de longue durée.
Des chiffres en augmentation
Dans notre pays, le nombre de travailleuses ou de travailleurs malades depuis plus d’un an pour cause de stress ou de burn-out a augmenté de 155% en moins de trois ans, ce qui représente un total d’au moins 10.597 salariés. Si on se penche plus en détail sur le burn-out, une affection d’origine professionnelle, on constate que l’augmentation est encore plus importante: de 3.713 cas fin 2017, on est passé à 9.708 cas en juin 2020, soit une augmentation de 162%.
Une travailleuse/un travailleur sur trois est victime de comportements indésirables au travail tels que du harcèlement moral ou sexuel et des violences physiques ou verbales. Et ces chiffres augmentent chaque année.
« Différentes études ont montré que la cause de ces comportements doit être activement recherchée dans les entreprises ou les organisations et que la solution réside dans la prévention collective, indique la CSC. La pression au travail, la violence, le harcèlement moral ou sexuel sont de plus en plus courants et peuvent entraîner du stress, un épuisement professionnel ou d’autres problèmes de santé. »
Mesurer les risques
Bien que notre pays dispose déjà d’une bonne législation en la matière, ces risques et problèmes au travail restent trop souvent occultés et la législation n’est pas appliquée de manière assez rigoureuse, souligne l’organisation syndicale. Des améliorations peuvent par conséquent encore être apportées.
La CSC veut que les risques et problèmes psychosociaux fassent l’objet d’un mesurage dans toutes les entreprises, tous les trois ans, et qu’un plan d’action concret soit établi en cas de problèmes. Il est évidemment important d’y associer le personnel et ses représentants. C’est la seule manière de pouvoir réellement s’y atteler. À l’heure actuelle, la politique est encore trop souvent trop peu contraignante dans nos entreprises.
En cas d’accident du travail, les entreprises dans lesquelles le nombre d’accidents est supérieur à la moyenne du secteur doivent payer une prime d’assurance plus élevée. La CSC plaide pour que des sanctions financières et des amendes soient également prévues pour lutter contre les risques et les problèmes psychosociaux. Une partie de ces moyens financiers pourrait alors être consacrée à la résolution des problèmes et à la prévention des risques.
Accédez aux revendications de la CSC en suivant ce lien.
Photo: CSC