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Débat « Guide générique » : malédiction ou bénédiction pour les employeurs ?

Le prestataire de services RH Acerta a organisé un troisième débat RH Crossroads en ligne, qui portait cette fois sur la sécurité et la santé au travail.

Grâce au guide générique, les partenaires sociaux du Conseil supérieur pour la prévention et la protection au travail, la Cellule stratégique de la ministre de l’Emploi, et les experts du SPF Emploi posent un cadre pour accompagner les employeurs durant ce redémarrage progressif.

En tant qu’employeur, vous souhaitez mettre tout en œuvre pour garantir la sécurité de vos travailleurs. Mais jusqu’où devez et pouvez-vous aller ? Les participants suivants se sont exprimés à ce sujet :

  • Prof. Dr Marc Van Ranst, KU Leuven (virologie)
  • Prof. Dr Lode Godderis, KU Leuven et IDEWE (médecine du travail)
  • Dr Miet Vanhegen, KU Leuven et Acerta (droit du travail)
  • Dr Valérie Vervliet (coauteure du Guide générique, cabinet Muylle et université d’Anvers)
  • Modératrice : Kathelijne Verboomen du Centre de connaissances d’Acerta

Fil conducteur versus source d’inspiration

Le guide détaille une série de mesures que vous pouvez prendre en tant qu’employeur pour vous assurer que vos collaborateurs puissent reprendre le travail en toute sécurité et en bonne santé. Mais faut-il suivre ces règles les yeux fermés ? Miet Vanhegen nuance : « Certaines règles ne sont tout simplement pas réalisables au sein de votre organisation, tandis que d’autres ne sont même pas d’application. Le guide regroupe plutôt des règles générales qui sont dans tous les cas “adéquates”. Vous déterminez vous-même en concertation avec votre CPPT ce qui est approprié pour votre organisation. Si vous optez pour des mesures alternatives, comme le décrit l’arrêté ministériel, vous devez veiller à garantir le même niveau de protection. »

Les entreprises essentielles ont déjà dû prendre bon nombre de mesures pour pouvoir poursuivre leurs activités durant le pic de la crise. « Elles peuvent considérer le guide comme une source d’inspiration en vue d’améliorer les mesures déjà prises. En revanche, je recommande aux entreprises non essentielles de l’utiliser dans un premier temps comme fil conducteur. »

Services sociaux et sanctions

Bien évidemment, les choses peuvent parfois mal tourner. Valérie Vervliet présente quelques chiffres : « Entre le 23/03 et le 11/05, environ 1523 plaintes relatives au coronavirus ont été déposées. Les services sociaux se sont ensuite rendus dans 1417 endroits pour examiner la situation sur place. Les entreprises concernées reçoivent d’abord un avertissement, mais si elles persistent dans leur infraction, l’inspection peut infliger des sanctions et même ordonner une fermeture complète. Dans l’intervalle, près de 50 organisations ont dû fermer leurs portes. »
Et qu’en est-il de vos collaborateurs ? « Les travailleurs doivent veiller à se protéger et à protéger leurs collègues de manière adéquate. Bien entendu, ils doivent également suivre scrupuleusement les règles que vous avez imposées. Dans le cas contraire, vous pouvez les sanctionner. »

Vous souhaitez éviter des sanctions ou avez besoin d’un conseil juridique ? Contactez les experts d’Acerta

Bannir le coronavirus de votre entreprise

Laissez tomber les thermomètres et autres tests de dépistage. « Ils donnent un faux sentiment de sécurité », selon Marc Van Ranst. « La fièvre n’est pas toujours présente lors d’une infection à coronavirus et des médicaments peuvent facilement la calmer. En ce qui concerne les tests de dépistage, en tant qu’employeur, vous ne pouvez tout simplement pas les demander. »

Marc Van Ranst estime plus utile d’investir dans un changement culturel. « En Flandre, venir travailler tout en étant malade est considéré comme un acte héroïque. Ce n’est pas le cas. En tant qu’employeur, il est de votre devoir d’encourager autant que faire se peut vos collaborateurs à rester chez eux lorsqu’ils sont malades ou à travailler à domicile s’ils se sentent bien, par exemple en cas de rhume. Dans le dernier cas, vous évitez que vos collaborateurs se fassent porter pâle et ne viennent pas du tout travailler sous le couvert d’un certificat médical. »
Alors, que pouvez-vous faire ? « Dans tous les cas, n’exagérez pas avec les gels pour les mains. On les voit partout en ce moment, c’est aberrant. Ils abîment les mains. Nous devons quoi qu’il en soit trouver un compromis. Au bureau, le temps de contact est plus important qu’à la maison, c’est pourquoi nous devons continuer à respecter les règles de distanciation sociale. »

L’ACT pour calmer les angoisses

Nous sommes en plein cœur qu’une crise sanitaire qui nous affecte physiquement et mentalement. « Ce qui me frappe, c’est l’insécurité qui grandit chez les gens », déclare Lode Godderis. « Le modèle ACT (thérapie d’acceptation et d’engagement) peut apporter une aide précieuse à cet égard : mettez des mots sur vos peurs et acceptez la situation telle qu’elle est. Nous devons apprendre à vivre avec le COVID-19. La phase suivante consiste à adopter des mesures appropriées en impliquant vos travailleurs et en concluant des accords. Vous les aiderez ainsi à surmonter leurs peurs. »

Quid si votre travailleur refuse toujours de venir travailler ? Miet Vanhegen estime qu’il convient d’opérer une distinction entre les patients à risque et les personnes prises de panique. « La peur d’être contaminé ne justifie pas le fait de rester chez soi et peut donc être considérée comme un “refus de travailler”. Cela peut entraîner des conséquences juridiques. Mais vous ne souhaitez bien entendu pas en arriver là. Continuez à communiquer ouvertement sur les mesures que vous prenez afin que le délai de retour diminue. »

Valérie Vervliet note d’ailleurs que le guide recommande de porter une attention particulière aux groupes vulnérables, comme les personnes handicapées ou souffrant de pathologies chroniques ou de cancer. « Si possible, accordez-leur plus de télétravail afin qu’ils se rendent moins souvent sur leur lieu de travail. La législation relative au bien-être s’applique également ici, car elle prévoit de tenir compte de ces personnes lors de la prise de mesures. »

Leadership dans une nouvelle réalité

Selon Marc Van Ranst, lui-même manager, les dirigeants doivent travailler d’arrache-pied en temps de crise. « Si les gens voient que vous vous tuez à la tâche, vous remarquerez qu’ils vous apporteront une aide inattendue, même s’ils viennent d’autres départements ou services. Ils apprennent ainsi de nouvelles choses qui pourront certainement leur être utiles par la suite. Vous en ressortirez ainsi plus forts en tant qu’équipe et organisation. »
Il ne supprimerait pas non plus le télétravail immédiatement. « Cela fonctionne. Imaginez un peu ce qu’aurait donné cette crise sans Internet. La météo favorable et Internet ont rendu cette période plus agréable. »

Lode Godderis termine lui aussi sur une note positive : « Si je peux donner un conseil : réfléchissez à votre objectif. Que voulez-vous réaliser ensemble ? Il existe ensuite un certain nombre de règles qui peuvent s’appliquer à votre situation. Nous ne cessons jamais d’apprendre et d’acquérir de nouvelles connaissances. Osez également optimiser, tant au niveau de la sécurité de vos collaborateurs que du travail d’équipe. Qu’avez-vous appris, quels sont les éléments qui fonctionnent et quelle énergie avez-vous générée ? Nous pourrons ainsi nous diriger vers un retour à la normale. »

Un lieu de travail sain et sécurisé pour vos travailleurs ? Consultez le plan de relance d’Acerta

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