Quarante dirigeants d’entreprises, banques, universités, ONG de premier plan, essentiellement néerlandophones, ont cosignés un texte appelant à mettre un terme à la polarisation croissante de notre société en améliorant les relations managers/employé.e.s sur les lieux de travail
C’est à l’initiative de Leen Van den Neste, CEO de vdk Banque, qu’a été cosignée et rendue publique une lettre ouverte. En fait, un appel à pacifier les relations entre managers et les collaborateurs au sein des entreprises. Cela pour retrouver un équilibre propice à toute activité alors que le contexte socio-économique et géopolitique s’assombrit. Face aux difficultés qui s’annoncent, les signataires appellent chacun.e à sortir de ses retranchements, à collaborer plus étroitement pour conjurer les risques d’accentuer la polarisation de notre société. Vu que des importantes décisions et des choix difficiles sont en passe d’être pris par les gouvernements, la compréhension mutuelle ne sera pas de trop pour traverser 2025 de la meilleure façon possible. A commencer sur le lieu de travail, vu comme un antidote au cours des prochains mois pour éviter de fomenter les sentiments conflictuels. C’est la position clairement défendue par Leen Van den Neste, CEO de vdk banque, dans la lettre ouverte et collective.
Contenu de la lettre ouverte
En voici le texte : « L’année 2025 vient à peine de commencer. Pourtant, en tant que chefs d’entreprise et employeurs, nous ressentons déjà l’énorme poids qui repose sur nos épaules. L’année s’annonce particulièrement pimentée. Une année au cours de laquelle à la fois les entreprises et les salarié.e.s devront relever d’importants défis et affronter de nombreuses incertitudes économiques : toutes les sonnettes d’alarme sont en train de se déclencher. En 2024, un nombre record d’emplois a été perdu en raison de faillites. Ces incertitudes (sociales) sont susceptibles de renforcer la polarisation les 11 prochains mois.
Mais voyons le bon côté des choses : la tempête finit toujours par passer. La question est de savoir comment limiter la casse et comment planter le plus rapidement possible toutes ces petites graines qui nous permettront d’être plus performants. Le seul moyen d’y parvenir, c’est de veiller à ce que tous les employeurs et tous les salarié.e.s collaborent pleinement. Et qu’ils continuent à se concerter et à chercher ensemble des solutions chaque jour.
Respect et compréhension mutuelle entre employeurs et salarié.e.s
La solution prend racine sur le lieu de travail. Les entreprises sont des mini-communautés au sein desquelles les travailleurs et les employeurs peuvent prouver qu’il est possible de faire évoluer les choses autrement. Que la polarisation n’y a pas sa place. Nous passons effectivement beaucoup de temps ensemble au travail, nous y nouons des relations durables et nous y faisons preuve d’engagement, pour tous nous épanouir. Le respect et la compréhension mutuelle en sont les fondements. Le lieu de travail doit donc servir d’antidote, plutôt que d’être un terrain propice à l’aigrissement et aux accusations faciles.
Cela demandera beaucoup d’efforts, de la part de tous les employeurs. Il est clair que nous devons être compréhensifs face aux défis que rencontrent les salarié.e.s. Et nous devons les aider à beaucoup de niveaux : maintenir l’équilibre complexe entre vie privée et vie professionnelle, assurer un environnement de travail physiquement et mentalement sûr, offrir les mêmes chances d’évolution et d’épanouissement à tous, garantir la stabilité financière et prévoir un petit coup de pouce supplémentaire pour les nouveaux venus sur le marché de l’emploi.
Dans un tel environnement, nous savons que les travailleurs pourront comprendre les difficultés qui se présentent aujourd’hui à nous, les employeurs. Qu’il faut parfois prendre des décisions difficiles pour garantir à long terme la santé financière d’une entreprise et la sécurité de l’emploi. La compréhension mutuelle de nos défis respectifs est primordiale pour aller de l’avant et traverser la tempête.
Aborder les problèmes sans détour
Il nous incombe à tous d’y mettre du nôtre, ensemble, cette année. Nous devrons effectivement pouvoir nous regarder dans le miroir le 1er janvier 2026 en nous disant que nous avons tout mis en œuvre pour minimiser les répercussions de cette crise. Et surtout : que nous sommes allés de l’avant. Que nous avons effectivement construit, sur notre lieu de travail, une mini-communauté où chacun se sent inclus et respecté dans sa dignité.
Nous ne sommes pas dupes ! Nous savons pertinemment bien que les enjeux et les points de vue diffèrent au sein des entreprises. Mais c’est à nous de trouver le juste équilibre entre les ambitions de notre entreprise et les besoins de nos employés. Les entreprises qui réussissent sont celles qui écoutent les talents qu’elles ont en interne et qui ne s’accrochent pas de manière rigide à leur mode de fonctionnement préétabli. Prouvons dès lors sur le lieu de travail que le ralliement de ces intérêts légitimes et parfois contraires est possible. C’est ainsi que nous pourrons bâtir une démocratie qui nourrira la société, dans son ensemble, de nouveaux espoirs.